AccueilS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 La trilogie du Morelia Viridis (partie 3)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Meos86
les chieurs (admin)
les chieurs (admin)


Nombre de messages : 1660
Age : 29
Localisation : Poitiers (86)
Date d'inscription : 23/12/2007

MessageSujet: La trilogie du Morelia Viridis (partie 3)   Lun 26 Mai - 13:48

III Le changement de couleur ontogénique

Les lignées de Morelia Viridis (lemon tree, blue line, calico,..) ne correspondent pas à des localités mais sont le fruit d’une sélection méticuleuse réalisée par des éleveurs.

1) Les nouveau-nés

Les nouveau-nés peuvent être de deux couleurs : jaunes ou marrons. Il existe cependant une grande variabilité, surtout en ce qui concerne la couleur marron. En effet, cette couleur va du noir au rouge en passant par l’orange et le brun. Les nouveau-nés de la lignée « calico » sont généralement bruns et les marques dorsales sont souvent assez réduites, voire complètement absentes. Les nouveau-nés de la lignée Lemon Tree sont toujours jaunes.
Il est à noter que la couleur des nouveau-nés semble être dépendante de la couleur des parents à la naissance. Les portées issues de parents des deux couleurs comportent généralement des juvéniles des deux couleurs.

2) Changement de couleur ontogénique

Il n’existe pas de règle et tout peut arriver lors du changement de couleur. Certains animaux peuvent changer de couleur en une nuit alors qu’il faudra quatre années pour d’autres. Les individus de type Biak sont bien connus pour la lenteur de leur changement de couleur ontogénique. En moyenne, le changement de couleur commence entre six et douze mois. En général, les individus jaunes commencent par montrer quelques écailles vertes au niveau des narines et du corps. Beaucoup de jeunes Sorong ont des marques dorsales rouges qui tournent au gris lorsqu’ils changent de couleur. Ces marques deviennent ensuite bleues au cours de la maturation. Parfois, il faut deux à trois ans pour que ces marques bleues se développent complètement. Les juvéniles de couleur rouge deviennent d’abord plus clairs. Les individus de type Biak passent par une couleur orange. Certains développent des écailles jaunes. Les calico développent une multitude de couleurs différentes.
Quand le changement de couleur débute tôt celui-ci prend généralement fin assez rapidement. A contrario, lorsque le changement de couleur débute très lentement le temps nécessaire est plus long.
Le changement de couleur ne dépend pas de l’environnement mais est intimement lié à la croissance. La température, l’environnement, l’exposition à la lumière et autres facteurs extérieurs ne semblent jouer aucun rôle dans le changement de couleur ontogénique. C’est l’ADN de chaque individu qui détermine ses couleurs.

IV Maintien en terrarium

Maintenir un Morelia Viridis en terrarium fut longtemps considéré comme un exploit du fait de la fragilité et de l'agressivité de serpent prélevés dans la nature.
Aujourd'hui nos connaissances du maintien de ce serpent en captivité ont largement augmenté. De ce fait, des juvéniles nés en captivité sont plus fréquemment disponibles à des prix tournant autour de 300 euros en bourse pour un serpent très souvent non démarré et autour de 400/450 euros pour un serpent issu d'un particulier.
L'autre conséquence de cette meilleure connaissance du serpent, c'est qu'un néophyte peut s'il s'est très bien renseigné auprès d'éleveurs, auprès de livres, auprès de forums et surtout s'il est bien préparé ; acquérir et faire du Morelia Viridis son premier serpent.

1) Le terrarium

Pour ce qui concerne le terrarium, je passerai sur l'eternel débat du choix des matériaux utilisés pour le terrarium sachant que chaque type comporte des avantages et des inconvénients.
Le Morelia Viridis étant arboricoles, la hauteur devra être privilégiée. Un terrarium de 60cm de longueur, 60cm de profondeur et de 60cm de hauteur suffit pour le maintien de cette espèce. Le terrarium devra être bien aéré avec une aération haute et une aération basse pour éviter que l’hygrométrie ne stagne dans le terrarium. De plus, le terrarium devra résister aux nombreuses aspersions d’eau que demande le maintien d’un bon taux d’hygrométrie.
Le décor pour le terrarium d’un Viridis est de deux types :
- le premier consiste à faire un terrarium « aseptisé » où l’on place juste une branche de bambou au milieu du terrarium pour que le serpent puisse se mettre dans sa position de prédilection. On place comme substrat du papier essuie-tout. Ce type de terrarium permet de bien suivre tout les paramètres de son serpent.
- le second terrarium consiste à se rapprocher au maximum du biotope d’origine. On essaye ci de multiplier les branches et les abris pour le Viridis. Comme substrat on peut utiliser de la sphaigne qui a l’avantage de bien garder l’hygrométrie et de se ré-humidifier facilement.
La cohabitation entre deux serpents quelque soit leurs sexes est déconseillé car ils peuvent s’agresser, la prise de nourriture n’est pas facilitée et cela annule toutes chances de reproduction.

2) Chauffage

Le Morelia Viridis demande un gradient thermique de 29° au point chaud et 26° au point froid durant la journée. La nuit, la température du terrarium doit tourner autour de 24/25°.
Pour chauffer le terrarium, un tapis chauffant sera placé sous le terrarium tandis qu’un autre sera placé sur une paroi latérale. Un dernier tapis peut être éventuellement mis sur le terrarium. Ces tapis chauffant doivent être reliés à un thermostat dont la sonde sera placée à mi-hauteur, c’est-à-dire, là où vit le serpent.

3) L’hygrométrie

Une forte hygrométrie est capitale pour la survie du serpent en captivité car il provient d’une région tropicale où les averses sont fréquentes et où l’hygrométrie monte à 100% durant la nuit.
En terrarium, celle-ci devra être, pour des adultes de 60/70% durant la journée et de 100% à l’extinction de la lumière. Les juvéniles ont besoin durant leur première année de vie d’une hygrométrie tournant toute la journée au dessus des 80%.
L’hygrométrie lorsque le serpent est en mue, va être rehaussée à 90%, toute la journée.

4) Alimentation

Une fois que le juvénile est bien démarré, son alimentation ne pose pas de problème. Les femelles ont tendance à être nettement plus voraces que les mâles. Le serpent peut-être nourrit à la souris ou au rat selon son gabarit.
Les proies distribuées devront être mortes car une proie vivante pourrait occasionner de graves lésions à ce fragile serpent.

V Reproduction

1) Age

Morelia Viridis atteint sa maturité sexuelle vers deux ans pour un mâle, et trois ans pour une femelle. Les mâles peuvent présenter une période de rut avec refus total de se nourrir dès l’âge de 8 mois. Cette période de rut dure environ 3 mois.
La femelle doit avoir au moins trois ans et peser minimum 1000 grammes (900 pour les individus de type Sorong).
Les animaux destinés à la reproduction de doivent pas avoir été malade pendant les 6 mois précédant le cyclage. La baisse de température diminue l’efficacité du système immunitaire des Morelia Viridis, la période de cyclage est donc à risque et un monitoring attentif des animaux obligatoire. Les animaux doivent être installés dans votre élevage depuis au moins 6 mois.

2) Cyclage

Un cycle de température est nécessaire pour amener les Viridis à la reproduction. Aucune modification de photopériode n’est requise car sous les cieux de Papouasie-Nouvelle Guinée la photopériode est constante toute l’année, été comme hiver (12 h de soleil/12 de nuit).
On commence à baisser progressivement la température nocturne en maintenant la température diurne pour descendre à 20-22°C en un mois. Après 6 semaines les mâles cessent de s’alimenter et sont très actifs la nuit. Il est alors inutile de tenter de les nourrir, cela les stresserait inutilement d’autant qu’ils refuseront tout repas ! Les femelles sont nourries tous les 10-15 jours.
Au moindre signe d’infection respiratoire (sifflement par exemple) il faut remonter la température nocturne à sa valeur normale et arrêter le cyclage. Le cyclage sera alors post-posé d’au moins 6 mois après guérison totale de l’animal.

3) Accouplement

On introduit le mâle dans le terrarium de la femelle lorsque la température la plus basse est atteinte, une heure avant l’obscurité et après avoir abondamment vaporisé d’eau. L’accouplement commence directement et peut durer plusieurs semaines. On laisse les deux animaux ensemble aussi longtemps que l’on observe des accouplements.
Si le mâle ne courtise pas la femelle on peut le retirer et le réintroduire quelques jours plus tard ou introduire un autre mâle.
La température basse 20-22°C est maintenue pendant environ deux semaines. On procède ensuite à une lente remontée de température sur une quinzaine de jours également.
On sépare les animaux une fois que les accouplements cessent.

4) Ovulation

Il faut recommencer à nourrir les mâles sans trop insister. La femelle est nourrie une fois par semaine avec des proies plus petites. Les femelles cessent ensuite de s’alimenter.
Lors du développement des follicules la femelle se met en position de côté, laissant apparaitre ses écailles ventrales. Si les follicules mûrs sont fécondés l’ovulation va se manifester sous forme d’un gonflement caractéristique de la seconde partie du corps de la femelle. L’ovulation ne dure que 24 à 48 heures.

5) Ponte

La ponte a lieu 40 jours après l’ovulation et 13 à 21 jours après la mue. Au-delà de ce délai il convient de consulter un vétérinaire.
Il faut offrir à la femelle une boite de 30 X 30 X 40 cm percée sur le côté d’un orifice afin qu’elle y dépose ses œufs. Cette boite est disposée au fond du terrarium. Entre l’ovulation et la ponte la femelle refusera catégoriquement de se nourrir. Une fois sa mue terminée la femelle cherche un endroit pour déposer ses œufs. Soit elle rentre dans la boîte, n’en ressort plus et dépose ses œufs (cas idéal) soit elle refuse d’y rester et il faudra alors l’y maintenir « de force » en obstruant la sortie.

6) Incubation

Il faut utiliser un incubateur si l’on désire optimaliser ses chances.
Sur le forum plusieurs photos montrent comment installer l’incubateur de façon à obtenir une température constante une hygrométrie élevée. Il existe de nombreuses techniques différentes : déposer les œufs sur une grille, sur de la sphaigne, de la vermiculite, …
Il faut ensuite prendre son courage à deux mains et affronter la mère….muni d’une solide paire de gants !! Il faut procéder en douceur afin de ne pas abimer les œufs.
Il ne faut pas retourner les œufs sous peine de tuer les embryons.
Pour récupérer les œufs, on sort la boite du terrarium, on dépose une serviette sur la femelle et on la saisit doucement.
Les œufs sont incubés à 31°C sauf pendant la dernière semaine (30,5°C). Cette légère baisse de température favorise l’éclosion.

Sources:
- http://morelia-viridis.winnerbb.com/index.htm
- Boulaire Thierry, L'élevage du python vert, Morelia Viridis, Philippe Gérard Editions, Monaco, 2005.
- Arth Steven, Baus Sandra, Le python vert arboricole, Morelia Viridis, Collection Les guides Reptilmag, Animalia Editions, Barcelone, 2007.
- Gérard Philippe, Hussard Nicolas, Rosselle Stéphane, Savarin Philippe, Dr Schilliger Lionel, Atlas de la Terrariophilie : Les serpents, Volume 1, Animalia Editions, UE, 2003.

PS: Seule la quatrième partie est de moi sinon le reste vient du forum Morelia Viridis. Les partie I, II, III et V sont donc de Stremer et de Pharmabull.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://meosreptiles.ifrance.com/index.html
 
La trilogie du Morelia Viridis (partie 3)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Morelia Viridis Sorong (changement de couleurs)
» mes morelia viridis
» Morelia viridis sorong
» morelia viridis
» Mon petit morelia viridis

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Tockays des Reptiles  :: Vos animaux en question et en photos :: Ophidiens :: Pythoninés-
Sauter vers: